Démocratie européenne et écologie

Démocratie européenne et écologie

10 February 2025 0 By EG

Pour ne pas dépendre des seuls acteurs institutionnels ou industriels, la Commission  européenne contribue au financement des ONG, en particulier environnementales, comme l’explique le spécialiste du lobbying bruxellois, le journaliste Jean Comte.  Malheureusement, ce financement des ONG par l’Union  se trouve aujourd’hui au cœur d’une remise en question profonde, alimentée par les réorientations budgétaires liées aux crises économiques, énergétiques et géopolitiques.  

L’offensive est d’abord venue du PPE à la suite des élections de 2024. Au-delà, plusieurs États membres de l’UE, principalement d’Europe centrale, militent en faveur d’une réduction des fonds alloués à ces ONG. Ils estiment que ces ressources devraient être redirigées vers des priorités internes jugées plus urgentes, telles que la sécurité ou la relance économique.  

Cette pression croissante menace de compromettre des projets humanitaires essentiels, portant notamment sur les droits humains, la justice sociale et l’environnement. L’UE fait face à des critiques de plus en plus acerbes sur la gestion de ces financements. Si la Commission européenne propose de mieux cibler l’utilisation des fonds, en particulier pour des initiatives qui répondent aux urgences écologiques et sociales, cette volonté se heurte à des résistances internes.

Les députés de droite au Parlement européen, en particulier du Parti populaire européen (PPE) et du groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), demandent plus de transparence sur le financement des ONG par l’UE.

La députée Monika Hohlmeier, membre du PPE et vice-présidente de la commission des budgets, a notamment déclaré avoir « découvert d’énormes problèmes » concernant la répartition des fonds dans le cadre du programme de financement envisronnemental et climatique de l’UE, connu sous le nom de LIFE. 

Les représentants des États membres, notamment ceux aux positions plus conservatrices, considèrent ainsi que les fonds publics doivent être utilisés de manière plus pragmatique, en privilégiant la stabilité interne de l’UE et en répondant aux besoins immédiats de ses citoyens. 

Un autre enjeu majeur est celui du financement des ONG environnementales, particulièrement en lien avec le Green Deal européen.  

Bien que des financements aient été alloués pour soutenir la transition écologique, de nombreuses ONG estiment que les montants restent insuffisants au regard des défis mondiaux posés par le changement climatique. Ces organisations plaident pour un réajustement des priorités budgétaires, arguant qu’une meilleure allocation des ressources est essentielle pour atteindre les objectifs ambitieux de neutralité carbone de l’UE d’ici 2050. Cette remise en question du financement des ONG illustre la tension croissante entre les priorités internes de l’Union européenne et ses engagements extérieurs.  

Si certains États membres privilégient un renforcement des capacités internes face à des menaces géopolitiques et économiques, d’autres rappellent l’importance de maintenir les financements pour des causes universelles telles que les droits humains, l’environnement et l’aide humanitaire. Dans ce contexte, la viabilité du modèle de financement des ONG, fondé en grande partie sur les contributions des États membres, semble de plus en plus fragile.  Des réformes de fond pourraient s’avérer nécessaires pour maintenir un équilibre entre les aspirations internes de l’UE et ses engagements globaux.