19 January 2026 Off By Edouard Gaudot

SouverainetĂ© et durabilitĂ© sont souvent les deux faces de la mĂŞme prĂ©occupation : se prĂ©server de dĂ©pendances critiques. Dans une tribune sur la CBAM, deux experts rappellent ce lien.

Dans un contexte de rarĂ©faction des ressources et de tensions gĂ©opolitiques, durabilitĂ© et souverainetĂ© deviennent indissociables pour les entreprises. La durabilitĂ© n’est plus un sujet pĂ©riphĂ©rique mais un enjeu stratĂ©gique essentiel pour sĂ©curiser les approvisionnements, maĂ®triser les donnĂ©es et anticiper les transformations Ă©conomiques et rĂ©glementaires. La pression sur les ressources naturelles, la recomposition des blocs Ă©conomiques et l’alliance entre transitions numĂ©rique et Ă©cologique rĂ©inventent la puissance Ă©conomique.

Les entreprises doivent intĂ©grer ces dimensions pour ĂŞtre pĂ©rennes : elles doivent sĂ©curiser leurs chaĂ®nes d’approvisionnement, maĂ®triser leurs donnĂ©es et rĂ©pondre aux attentes internes et externes pour garantir leur autonomie et performance. Avec l’entrĂ©e en vigueur du mĂ©canisme d’ajustement carbone aux frontières, l’UE pourrait compliquer la donne gĂ©opolitique dans laquelle elle doit Ă©voluer.  

D’ordinaire, Bruxelles taxe les marchandises jugĂ©es excessivement subventionnĂ©es (dumping), comme la fibre optique et les voitures Ă©lectriques chinoises. Elle bannit aussi certains produits jugĂ©s trop polluants. Mais c’est la première fois dans le monde que des produits importĂ©s sont taxĂ©s en raison de leurs Ă©missions, relate Canary Media. Le mĂ©canisme (ES 17/12/23) dĂ©finit les mĂ©thodes de calcul des Ă©missions pour les producteurs Ă©trangers, les valeurs par dĂ©faut utilisables par les importateurs, les benchmarks, ainsi que les procĂ©dures de vĂ©rification, d’accrĂ©ditation et de fonctionnement du dispositif. 

Le CBAM est donc entrĂ© en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026, marquant le passage Ă  son rĂ©gime dĂ©finitif, après une coordination rĂ©ussie entre les États membres et l’intĂ©gration du CBAM Registry avec les systèmes douaniers nationaux et l’UE Customs Single Window, assurant des Ă©changes de donnĂ©es en temps rĂ©el et sans perturbation des flux commerciaux.

Les autoritĂ©s douanières valident les autorisations CBAM avant la mise en libre circulation, y compris le suivi du seuil de 50 tonnes pour les importations. D’après les premières donnĂ©es, plus de 12 000 opĂ©rateurs ont demandĂ© une autorisation et environ 4 100 l’ont obtenue. Les volumes dĂ©clarĂ©s couvrent surtout l’acier et le fer, dĂ©montrant la robustesse du cadre rĂ©glementaire et la capacitĂ© de l’UE Ă  dĂ©ployer cet instrument complexe sans entraver le commerce. 

Mais pour qu’elle soit efficace, il faut Ă©viter les trous dans la raquette. La Commission propose d’étendre le CBAM Ă  180 nouveaux produits industriels, touchant principalement les importations chinoises, pour mieux prĂ©venir “les fuites de carbone”. Mais Politico souligne que des reprĂ©sentants des industries europĂ©ennes les plus intensives en Ă©nergie estiment que le mĂ©canisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) risque d’être trop indulgent envers les importations très polluantes, notamment en provenance de Chine, du BrĂ©sil et des États-Unis. Selon ces avertissements, les mĂ©thodes de calcul retenues par Bruxelles pourraient minimiser la charge carbone des produits importĂ©s par rapport Ă  celles des producteurs europĂ©ens, ce qui affaiblirait l’objectif principal du dispositif : instaurer une concurrence Ă©quitable et rĂ©duire la “fuite de carbone”. Les industriels demandent une mise en Ĺ“uvre plus stricte et effective pour garantir que le coĂ»t du carbone des importations reflète rĂ©ellement leurs Ă©missions. 

Parallèlement, la Commission europĂ©enne envisage d’accorder temporairement des quotas carbone gratuits aux exportateurs europĂ©ens. L’objectif est de compenser la fin progressive des allocations gratuites dans l’ETS, grâce à un fonds d’environ 600 millions d’euros pour 2026-2027, avant une rĂ©forme plus large courant 2026.SouverainetĂ© et durabilitĂ© sont souvent les deux faces de la mĂŞme prĂ©occupation : se prĂ©server de dĂ©pendances critiques. Dans une tribune sur la CBAM, deux experts rappellent ce lien.

Dans un contexte de rarĂ©faction des ressources et de tensions gĂ©opolitiques, durabilitĂ© et souverainetĂ© deviennent indissociables pour les entreprises. La durabilitĂ© n’est plus un sujet pĂ©riphĂ©rique mais un enjeu stratĂ©gique essentiel pour sĂ©curiser les approvisionnements, maĂ®triser les donnĂ©es et anticiper les transformations Ă©conomiques et rĂ©glementaires. La pression sur les ressources naturelles, la recomposition des blocs Ă©conomiques et l’alliance entre transitions numĂ©rique et Ă©cologique rĂ©inventent la puissance Ă©conomique.

Les entreprises doivent intĂ©grer ces dimensions pour ĂŞtre pĂ©rennes : elles doivent sĂ©curiser leurs chaĂ®nes d’approvisionnement, maĂ®triser leurs donnĂ©es et rĂ©pondre aux attentes internes et externes pour garantir leur autonomie et performance. Avec l’entrĂ©e en vigueur du mĂ©canisme d’ajustement carbone aux frontières, l’UE pourrait compliquer la donne gĂ©opolitique dans laquelle elle doit Ă©voluer.  

D’ordinaire, Bruxelles taxe les marchandises jugĂ©es excessivement subventionnĂ©es (dumping), comme la fibre optique et les voitures Ă©lectriques chinoises. Elle bannit aussi certains produits jugĂ©s trop polluants. Mais c’est la première fois dans le monde que des produits importĂ©s sont taxĂ©s en raison de leurs Ă©missions, relate Canary Media. Le mĂ©canisme (ES 17/12/23) dĂ©finit les mĂ©thodes de calcul des Ă©missions pour les producteurs Ă©trangers, les valeurs par dĂ©faut utilisables par les importateurs, les benchmarks, ainsi que les procĂ©dures de vĂ©rification, d’accrĂ©ditation et de fonctionnement du dispositif. 

Le CBAM est donc entrĂ© en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026, marquant le passage Ă  son rĂ©gime dĂ©finitif, après une coordination rĂ©ussie entre les États membres et l’intĂ©gration du CBAM Registry avec les systèmes douaniers nationaux et l’UE Customs Single Window, assurant des Ă©changes de donnĂ©es en temps rĂ©el et sans perturbation des flux commerciaux.

Les autoritĂ©s douanières valident les autorisations CBAM avant la mise en libre circulation, y compris le suivi du seuil de 50 tonnes pour les importations. D’après les premières donnĂ©es, plus de 12 000 opĂ©rateurs ont demandĂ© une autorisation et environ 4 100 l’ont obtenue. Les volumes dĂ©clarĂ©s couvrent surtout l’acier et le fer, dĂ©montrant la robustesse du cadre rĂ©glementaire et la capacitĂ© de l’UE Ă  dĂ©ployer cet instrument complexe sans entraver le commerce. 

Mais pour qu’elle soit efficace, il faut Ă©viter les trous dans la raquette. La Commission propose d’étendre le CBAM Ă  180 nouveaux produits industriels, touchant principalement les importations chinoises, pour mieux prĂ©venir “les fuites de carbone”. Mais Politico souligne que des reprĂ©sentants des industries europĂ©ennes les plus intensives en Ă©nergie estiment que le mĂ©canisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) risque d’être trop indulgent envers les importations très polluantes, notamment en provenance de Chine, du BrĂ©sil et des États-Unis. Selon ces avertissements, les mĂ©thodes de calcul retenues par Bruxelles pourraient minimiser la charge carbone des produits importĂ©s par rapport Ă  celles des producteurs europĂ©ens, ce qui affaiblirait l’objectif principal du dispositif : instaurer une concurrence Ă©quitable et rĂ©duire la “fuite de carbone”. Les industriels demandent une mise en Ĺ“uvre plus stricte et effective pour garantir que le coĂ»t du carbone des importations reflète rĂ©ellement leurs Ă©missions. 

Parallèlement, la Commission europĂ©enne envisage d’accorder temporairement des quotas carbone gratuits aux exportateurs europĂ©ens. L’objectif est de compenser la fin progressive des allocations gratuites dans l’ETS, grâce Ă  un fonds d’environ 600 millions d’euros pour 2026-2027, avant une rĂ©forme plus large courant 2026.