Souveraineté et durabilité sont souvent les deux faces de la même préoccupation : se préserver de dépendances critiques. Dans une tribune sur la CBAM, deux experts rappellent ce lien.
Dans un contexte de raréfaction des ressources et de tensions géopolitiques, durabilité et souveraineté deviennent indissociables pour les entreprises. La durabilité n’est plus un sujet périphérique mais un enjeu stratégique essentiel pour sécuriser les approvisionnements, maîtriser les données et anticiper les transformations économiques et réglementaires. La pression sur les ressources naturelles, la recomposition des blocs économiques et l’alliance entre transitions numérique et écologique réinventent la puissance économique.
Les entreprises doivent intégrer ces dimensions pour être pérennes : elles doivent sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement, maîtriser leurs données et répondre aux attentes internes et externes pour garantir leur autonomie et performance. Avec l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, l’UE pourrait compliquer la donne géopolitique dans laquelle elle doit évoluer.
D’ordinaire, Bruxelles taxe les marchandises jugĂ©es excessivement subventionnĂ©es (dumping), comme la fibre optique et les voitures Ă©lectriques chinoises. Elle bannit aussi certains produits jugĂ©s trop polluants. Mais c’est la première fois dans le monde que des produits importĂ©s sont taxĂ©s en raison de leurs Ă©missions, relate Canary Media. Le mĂ©canisme (ES 17/12/23) dĂ©finit les mĂ©thodes de calcul des Ă©missions pour les producteurs Ă©trangers, les valeurs par dĂ©faut utilisables par les importateurs, les benchmarks, ainsi que les procĂ©dures de vĂ©rification, d’accrĂ©ditation et de fonctionnement du dispositif.
Le CBAM est donc entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026, marquant le passage à son régime définitif, après une coordination réussie entre les États membres et l’intégration du CBAM Registry avec les systèmes douaniers nationaux et l’UE Customs Single Window, assurant des échanges de données en temps réel et sans perturbation des flux commerciaux.
Les autorités douanières valident les autorisations CBAM avant la mise en libre circulation, y compris le suivi du seuil de 50 tonnes pour les importations. D’après les premières données, plus de 12 000 opérateurs ont demandé une autorisation et environ 4 100 l’ont obtenue. Les volumes déclarés couvrent surtout l’acier et le fer, démontrant la robustesse du cadre réglementaire et la capacité de l’UE à déployer cet instrument complexe sans entraver le commerce.
Mais pour qu’elle soit efficace, il faut éviter les trous dans la raquette. La Commission propose d’étendre le CBAM à 180 nouveaux produits industriels, touchant principalement les importations chinoises, pour mieux prévenir “les fuites de carbone”. Mais Politico souligne que des représentants des industries européennes les plus intensives en énergie estiment que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) risque d’être trop indulgent envers les importations très polluantes, notamment en provenance de Chine, du Brésil et des États-Unis. Selon ces avertissements, les méthodes de calcul retenues par Bruxelles pourraient minimiser la charge carbone des produits importés par rapport à celles des producteurs européens, ce qui affaiblirait l’objectif principal du dispositif : instaurer une concurrence équitable et réduire la “fuite de carbone”. Les industriels demandent une mise en œuvre plus stricte et effective pour garantir que le coût du carbone des importations reflète réellement leurs émissions.
Parallèlement, la Commission européenne envisage d’accorder temporairement des quotas carbone gratuits aux exportateurs européens. L’objectif est de compenser la fin progressive des allocations gratuites dans l’ETS, grâce à  un fonds d’environ 600 millions d’euros pour 2026-2027, avant une réforme plus large courant 2026.Souveraineté et durabilité sont souvent les deux faces de la même préoccupation : se préserver de dépendances critiques. Dans une tribune sur la CBAM, deux experts rappellent ce lien.
Dans un contexte de raréfaction des ressources et de tensions géopolitiques, durabilité et souveraineté deviennent indissociables pour les entreprises. La durabilité n’est plus un sujet périphérique mais un enjeu stratégique essentiel pour sécuriser les approvisionnements, maîtriser les données et anticiper les transformations économiques et réglementaires. La pression sur les ressources naturelles, la recomposition des blocs économiques et l’alliance entre transitions numérique et écologique réinventent la puissance économique.
Les entreprises doivent intégrer ces dimensions pour être pérennes : elles doivent sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement, maîtriser leurs données et répondre aux attentes internes et externes pour garantir leur autonomie et performance. Avec l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, l’UE pourrait compliquer la donne géopolitique dans laquelle elle doit évoluer.
D’ordinaire, Bruxelles taxe les marchandises jugĂ©es excessivement subventionnĂ©es (dumping), comme la fibre optique et les voitures Ă©lectriques chinoises. Elle bannit aussi certains produits jugĂ©s trop polluants. Mais c’est la première fois dans le monde que des produits importĂ©s sont taxĂ©s en raison de leurs Ă©missions, relate Canary Media. Le mĂ©canisme (ES 17/12/23) dĂ©finit les mĂ©thodes de calcul des Ă©missions pour les producteurs Ă©trangers, les valeurs par dĂ©faut utilisables par les importateurs, les benchmarks, ainsi que les procĂ©dures de vĂ©rification, d’accrĂ©ditation et de fonctionnement du dispositif.
Le CBAM est donc entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026, marquant le passage à son régime définitif, après une coordination réussie entre les États membres et l’intégration du CBAM Registry avec les systèmes douaniers nationaux et l’UE Customs Single Window, assurant des échanges de données en temps réel et sans perturbation des flux commerciaux.
Les autorités douanières valident les autorisations CBAM avant la mise en libre circulation, y compris le suivi du seuil de 50 tonnes pour les importations. D’après les premières données, plus de 12 000 opérateurs ont demandé une autorisation et environ 4 100 l’ont obtenue. Les volumes déclarés couvrent surtout l’acier et le fer, démontrant la robustesse du cadre réglementaire et la capacité de l’UE à déployer cet instrument complexe sans entraver le commerce.
Mais pour qu’elle soit efficace, il faut éviter les trous dans la raquette. La Commission propose d’étendre le CBAM à 180 nouveaux produits industriels, touchant principalement les importations chinoises, pour mieux prévenir “les fuites de carbone”. Mais Politico souligne que des représentants des industries européennes les plus intensives en énergie estiment que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) risque d’être trop indulgent envers les importations très polluantes, notamment en provenance de Chine, du Brésil et des États-Unis. Selon ces avertissements, les méthodes de calcul retenues par Bruxelles pourraient minimiser la charge carbone des produits importés par rapport à celles des producteurs européens, ce qui affaiblirait l’objectif principal du dispositif : instaurer une concurrence équitable et réduire la “fuite de carbone”. Les industriels demandent une mise en œuvre plus stricte et effective pour garantir que le coût du carbone des importations reflète réellement leurs émissions.
Parallèlement, la Commission européenne envisage d’accorder temporairement des quotas carbone gratuits aux exportateurs européens. L’objectif est de compenser la fin progressive des allocations gratuites dans l’ETS, grâce à un fonds d’environ 600 millions d’euros pour 2026-2027, avant une réforme plus large courant 2026.
