OGM? Oui merci!

OGM? Oui merci!

22 June 2026 Off By Edouard Gaudot

Il y aura donc des aliments gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s dans les assiettes europĂ©ennes. Le Parlement europĂ©en a validĂ© l’usage des nouvelles techniques gĂ©nomiques (NGT) en agriculture, ouvrant la voie Ă  une nouvelle gĂ©nĂ©ration de cultures gĂ©nĂ©tiquement Ă©ditĂ©es. Ces technologies permettent de modifier prĂ©cisĂ©ment le gĂ©nome des plantes afin de les rendre plus rĂ©sistantes Ă  la sĂ©cheresse, aux maladies et aux alĂ©as climatiques, tout en rĂ©duisant l’usage de pesticides. L’objectif affichĂ© est de renforcer la compĂ©titivitĂ© de l’agriculture europĂ©enne face aux États-Unis et Ă  la Chine, tout en soutenant la transition Ă©cologique.  

Cependant, la dĂ©cision est lourde de consĂ©quences, rappelle Ouest-France, notamment sur les risques de concentration du secteur semencier et la place des grands groupes agro-industriels. Les dĂ©fenseurs y voient un outil d’innovation pour l’agriculture europĂ©enne, tandis que les critiques alertent sur les effets Ă©conomiques et la dĂ©pendance des agriculteurs.

D’ailleurs jusqu’au dernier moment, la position du Parlement aura semblĂ© hĂ©sitante. Contexte rapportait ainsi le dĂ©pĂ´t, contraire Ă  l’usage, de 37 amendements au texte nĂ©gociĂ©, principalement par les groupes de gauche et les sociaux-dĂ©mocrates, qui souhaitent notamment renforcer les règles sur la brevetabilitĂ© des NGT. L’adoption d’un seul d’entre eux aurait pu relancer plusieurs annĂ©es de nĂ©gociations.

Le principal point de friction concernait les brevets : le compromis ne les interdit pas, malgré la position initiale du Parlement.

Les partisans du texte estiment qu’une rĂ©ouverture des nĂ©gociations retarderait l’innovation agricole europĂ©enne face aux États-Unis, Ă  la Chine ou au BrĂ©sil. Les opposants craignent au contraire une concentration du marchĂ© des semences au profit de quelques acteurs.  

Avec ce vote du Parlement europĂ©en sur le compromise final atteint en trilogue, l’UE a donnĂ© son feu vert aux nouvelles techniques gĂ©nomiques (NTG), qui permettent de modifier prĂ©cisĂ©ment le gĂ©nome des plantes sans introduire d’ADN Ă©tranger. PrĂ©sentĂ©e comme un moyen de renforcer la compĂ©titivitĂ© agricole face aux États-Unis et Ă  la Chine, cette rĂ©forme vise Ă  developer des cultures plus rĂ©sistantes Ă  la sĂ©cheresse, aux maladies et nĂ©cessitant moins d’intrants. Toutefois, elle suscite l’inquiĂ©tude des petits semenciers europĂ©ens, expliquent les Echos. Ceux-ci craignent que les grands groups semenciers, dĂ©jĂ  dominants aux États-Unis, utilisent les brevets sur certaines modifications gĂ©nĂ©tiques pour renforcer leur contrĂ´le du marchĂ©. Le dĂ©bat porte ainsi moins sur la technologie elle-mĂŞme que sur le risque de concentration Ă©conomique, de dĂ©pendance des agriculteurs et de marginalization des petites entreprises semencières europĂ©ennes. De fait, l’agriculture europĂ©enne peut espĂ©rer des cultures plus rĂ©silientes face Ă  la sĂ©cheresse, aux maladies et Ă  certains ravageurs, avec moins d’eau, d’engrais et parfois moins de pesticides.  

Les NGT peuvent aussi accĂ©lĂ©rer la selection variĂ©tale, amĂ©liorer les rendements et aider l’UE Ă  rester compĂ©titive face aux pays oĂą ces techniques sont dĂ©jĂ  utilisĂ©es. Mais ces gains dĂ©pendront de règles de traçabilitĂ©, d’étiquetage et de coexistence avec le bio, ainsi que d’évaluations indĂ©pendantes sur les effets environnementaux et socio-Ă©conomiques. En pratique, l’espoir principal est une agriculture plus adaptative au climat, mais sans garantie automatique de bĂ©nĂ©fices pour tous les producteurs.

Comme souvent le maintien de la compétitivité d’un secteur l’a emporté sur les autres considérations.

Contrairement aux droits des passagers (ES 22/6/26), voilĂ  un sujet en revanche dans lequel le point de vue industriel l’aura emportĂ© largement. D’autant que l’argument de l’adaptation aux effets du changement climatique a Ă©clipsĂ© les autres aspects des enjeux proprement industriels.

Les Echos parlent de “Rubicon franchi” – il s’agissait Ă  l’époque rien de moins qu’un changement profond de rĂ©gime, puisque CĂ©sar fit de la RĂ©publique romaine un Empire. L’image est adaptĂ©e. Â