OGM? Oui merci!
Il y aura donc des aliments génétiquement modifiés dans les assiettes européennes. Le Parlement européen a validé l’usage des nouvelles techniques génomiques (NGT) en agriculture, ouvrant la voie à une nouvelle génération de cultures génétiquement éditées. Ces technologies permettent de modifier précisément le génome des plantes afin de les rendre plus résistantes à la sécheresse, aux maladies et aux aléas climatiques, tout en réduisant l’usage de pesticides. L’objectif affiché est de renforcer la compétitivité de l’agriculture européenne face aux États-Unis et à la Chine, tout en soutenant la transition écologique.
Cependant, la décision est lourde de conséquences, rappelle Ouest-France, notamment sur les risques de concentration du secteur semencier et la place des grands groupes agro-industriels. Les défenseurs y voient un outil d’innovation pour l’agriculture européenne, tandis que les critiques alertent sur les effets économiques et la dépendance des agriculteurs.
D’ailleurs jusqu’au dernier moment, la position du Parlement aura semblĂ© hĂ©sitante. Contexte rapportait ainsi le dĂ©pĂ´t, contraire Ă l’usage, de 37 amendements au texte nĂ©gociĂ©, principalement par les groupes de gauche et les sociaux-dĂ©mocrates, qui souhaitent notamment renforcer les règles sur la brevetabilitĂ© des NGT. L’adoption d’un seul d’entre eux aurait pu relancer plusieurs annĂ©es de nĂ©gociations.
Le principal point de friction concernait les brevets : le compromis ne les interdit pas, malgré la position initiale du Parlement.
Les partisans du texte estiment qu’une réouverture des négociations retarderait l’innovation agricole européenne face aux États-Unis, à la Chine ou au Brésil. Les opposants craignent au contraire une concentration du marché des semences au profit de quelques acteurs.
Avec ce vote du Parlement européen sur le compromise final atteint en trilogue, l’UE a donné son feu vert aux nouvelles techniques génomiques (NTG), qui permettent de modifier précisément le génome des plantes sans introduire d’ADN étranger. Présentée comme un moyen de renforcer la compétitivité agricole face aux États-Unis et à la Chine, cette réforme vise à developer des cultures plus résistantes à la sécheresse, aux maladies et nécessitant moins d’intrants. Toutefois, elle suscite l’inquiétude des petits semenciers européens, expliquent les Echos. Ceux-ci craignent que les grands groups semenciers, déjà dominants aux États-Unis, utilisent les brevets sur certaines modifications génétiques pour renforcer leur contrôle du marché. Le débat porte ainsi moins sur la technologie elle-même que sur le risque de concentration économique, de dépendance des agriculteurs et de marginalization des petites entreprises semencières européennes. De fait, l’agriculture européenne peut espérer des cultures plus résilientes face à la sécheresse, aux maladies et à certains ravageurs, avec moins d’eau, d’engrais et parfois moins de pesticides.
Les NGT peuvent aussi accélérer la selection variétale, améliorer les rendements et aider l’UE à rester compétitive face aux pays où ces techniques sont déjà utilisées. Mais ces gains dépendront de règles de traçabilité, d’étiquetage et de coexistence avec le bio, ainsi que d’évaluations indépendantes sur les effets environnementaux et socio-économiques. En pratique, l’espoir principal est une agriculture plus adaptative au climat, mais sans garantie automatique de bénéfices pour tous les producteurs.
Comme souvent le maintien de la compétitivité d’un secteur l’a emporté sur les autres considérations.
Contrairement aux droits des passagers (ES 22/6/26), voilà un sujet en revanche dans lequel le point de vue industriel l’aura emporté largement. D’autant que l’argument de l’adaptation aux effets du changement climatique a éclipsé les autres aspects des enjeux proprement industriels.
Les Echos parlent de “Rubicon franchi” – il s’agissait Ă l’époque rien de moins qu’un changement profond de rĂ©gime, puisque CĂ©sar fit de la RĂ©publique romaine un Empire. L’image est adaptĂ©e. Â
