Reconstruction

Reconstruction

27 April 2026 Off By Edouard Gaudot

Après le soulagement des rĂ©sultats en Hongrie, voici venu  e temps de l’analyse. Selon nous, si la dĂ©faite de Viktor Orbán marque un moment charnière pour les dĂ©mocraties europĂ©ennes, et un soulagement profond, ce rĂ©sultat ne signifie pas la fin de la dynamique d’extrĂŞme-droite en Europe. Les Ă©lecteurs ne sont pas devenus subitement plus dĂ©mocrates, et toute lecture triomphaliste serait une erreur. La dĂ©faite d’Orbán tient autant Ă  l’usure du rĂ©gime, Ă  la profondeur de l  crise Ă©conomique et au sacrifice de l’opposition, qu’à un sursaut dĂ©mocratique.

Il est essential que les dĂ©mocrates ne se contentent pas de la gestion de cette victoire, mais sachent reconstruire un projet politique porteur d’imaginaire, de justice et de perspectives collectives.

C’est aussi ce que souligne l’intellectuel hongrois Kristof Szombati pour Jacobin : cette dĂ©faite s’explique moins par une adhĂ©sion massive Ă  PĂ©ter Magyar que par l’usure du système illibĂ©ral, la corruption et les difficultĂ©s Ă©conomiques. Le nouveau dirigeant incarne une alternative centriste et pro-europĂ©enne, mais reste issu de l’ancien parti au pouvoir, ce qui limite la rupture. Il insiste sur le caractère fragile de cette transition : l’hĂ©ritage institutionnel d’Orbán demeure puissant et les transformations dĂ©mocratiques dĂ©pendront de rĂ©formes rapides et profondes.

Comme le rĂ©sume Politico, le scrutin marque un rejet du système Orbán plutĂ´t qu’un simple changement de majoritĂ©, car son hĂ©ritage institutionnel et politique reste profondĂ©ment enracinĂ© dans la sociĂ©tĂ© hongroise. L’extrĂŞme droite reste structurellement forte en Europe, alimentĂ©e par les frustrations sociales, le dĂ©ficit de sens des politiques publiques, ainsi que par l’influence croissante de think-tanks eurosceptiques Ă  Bruxelles, comme le rĂ©vèle l’Express, sur la base d’une Ă©tude du Haut commissariat au Plan français.  

Ces groupes, mieux organisĂ©s et souvent mieux financĂ©s, gagnent en visibilitĂ© dans les dĂ©bats europĂ©ens, notamment sur les politiques Ă©conomiques, migratoires et institutionnelles. La note souligne un dĂ©sĂ©quilibre croissant avec les think-tanks pro-europĂ©ens, affaiblis par des coupes budgĂ©taires et une moindre capacitĂ© de plaidoyer. Elle met en garde contre un effet d’agenda politique, oĂą des idĂ©es critiques de l’UE prennent une place disproportionnĂ©e dans les cercles dĂ©cisionnels bruxellois. Le document appelle Ă  renforcer le soutien aux analyses pro-intĂ©gration. 

Après sa victoire massive aux Ă©lections gĂ©nĂ©rales, le travail qui attend le nouveau premier ministre hongrois Peter Magyar est colossal. Une première rĂ©union entre l’Union europĂ©enne et le futur gouvernement hongrois Ă©tait prĂ©vue Ă  Bruxelles, qui cherche Ă  relancer la coopĂ©ration, notamment sur deux dossiers clĂ©s : le prĂŞt europĂ©en Ă  l’Ukraine, jusque-lĂ  bloquĂ© par Budapest, et le dĂ©blocage de fonds europĂ©ens gelĂ©s pour atteintes Ă  l’État de droit.  

Cette rencontre marque un tournant potentiel, mais l’UE attend des engagements concrets avant toute dĂ©cision financière – il y a urgence, car ce sont près de 10 milliards d’€ qui pourraient Ă©chapper Ă  la Hongrie d’ici aoĂ»t – sur un total de 34.

Le nouveau pouvoir affiche une orientation plus pro-europĂ©enne, mais des annĂ©es de dĂ©rives ne se corrigent pas en quelques rĂ©formes – comme le montre depuis 2023 l’exemple polonais. Dans une analyse de J. Iwaniuk, Le Monde estime que la « rĂ©volution antipopuliste » menĂ©e par Donald Tusk a Ă©chouĂ© deux ans après son arrivĂ©e au pouvoir. Sa coalition, hĂ©tĂ©rogène et divisĂ©e, peine Ă  rĂ©former en profondeur des institutions encore marquĂ©es par le PiS. La victoire d’un prĂ©sident nationaliste en 2025 a accentuĂ© le blocage politique. Déçus, les Ă©lecteurs se dĂ©tournent, tandis que l’extrĂŞme droite progresse. Faute de rĂ©sultats concrets et de stratĂ©gie claire, le camp libĂ©ral apparaĂ®t affaibli, laissant planer le risque d’un retour des populistes lors des prochaines Ă©lections. 

En Hongrie, le travail de reconstruction de l’Etat de droit s’annonce complexe et long. Une analyse du think tank Jurist rappelle la nĂ©cessitĂ© de l’abrogation des lois rĂ©pressives, la fin du gouvernement par dĂ©crets et le rĂ©tablissement de l’indĂ©pendance judiciaire et des libertĂ©s publiques. En 16 ans, le pouvoir de Viktor Orbán a concentrĂ© l’autoritĂ©, affaibli les contre-pouvoirs et restreint mĂ©dias et sociĂ©tĂ© civil. Les premières mesures seront dĂ©cisives pour rĂ©tablir la dĂ©mocratie et dĂ©bloquer les fonds europĂ©ens conditionnĂ©s au respect de l’État de droit. Comme le souligne le site Liberties.eu le nouveau gouvernement doit rĂ©tablir les contre-pouvoirs, appliquer les dĂ©cisions de justice europĂ©ennes et respecter les conditions pour dĂ©bloquer les fonds europĂ©ens.  

L’enjeu est double : rĂ©formes internes crĂ©dibles et capacitĂ© de la Commission Ă  garantir un suivi rigoureux et transparent. Comme le fait remarquer l’expert de EPC Eric Maurice, la restauration de l’État de droit en Hongrie dĂ©pendra d’un calendrier exigeant et de conditions strictes fixĂ©es par l’UE. Le nouveau gouvernement de PĂ©ter Magyar, fort d’une majoritĂ© des deux tiers, peut rĂ©former en profondeur institutions, justice, mĂ©dias et mĂŞme adopter une nouvelle Constitution. Or, l’UE doit Ă©viter toute normalisation rapide et exiger des rĂ©sultats concrets avant de dĂ©bloquer les fonds. Une Ă©chĂ©ance clĂ© est fixĂ©e Ă  aoĂ»t : Budapest doit remplir 27 « super jalons » sur la corruption et l’indĂ©pendance judiciaire pour accĂ©der aux financements europĂ©ens. 

Au dĂ©but de l’annĂ©e 2026, un rapport de la Civil Liberties Union for Europe alertait sur une Ă©rosion gĂ©nĂ©ralisĂ©e de l’État de droit dans l’UE. Il pointait particulièrement cinq Etats membres (Bulgarie, Croatie, Hongrie, Italie et Slovaquie), accusĂ©s de le « dĂ©manteler » activement, notamment via des atteintes Ă  l’indĂ©pendance judiciaire, Ă  la lutte anticorruption, Ă  la libertĂ© des mĂ©dias et Ă  la sociĂ©tĂ© civile.

Cependant, d’autres dĂ©mocraties solides dĂ©clinent aussi. Selon Human Rights Watch, la France connaĂ®t aussi un recul prĂ©occupant de l’État de droit, marquĂ© par une dĂ©gradation progressive de l’espace civique. En 2025, le rĂ©seau CIVICUS a rĂ©trogradĂ© le pays au statut « obstruĂ© », pointant des violences policières accrues, une surveillance renforcĂ©e, des arrestations de manifestants et des pressions sur journalistes et ONG.

L’organisation dĂ©nonce aussi des restrictions persistantes des libertĂ©s fondamentales et une tendance structurelle Ă  limiter l’expression et l’action de la sociĂ©tĂ© civile. Ce recul s’inscrit dans la durĂ©e, rĂ©sultat de politiques sĂ©curitaires et de pratiques Ă©tatiques jugĂ©es de plus en plus coercitives. Peu de progrès sont constatĂ©s, par ailleurs, après les recommandations Ă©mises lors des “Rapports sur l’Etat de droit dans l’UE” par la Commission europĂ©enne.

En attendant celui de 2026, le rapport 2025 de la Commission europĂ©enne sur l’état de droit dressait un bilan globalement contrastĂ© dans l’UE, constatant quelques progrès dans plusieurs États membres, notamment via des rĂ©formes de la justice, de la lutte anticorruption et du pluralisme mĂ©diatique, avec un suivi partiel des recommandations prĂ©cĂ©dentes. Cependant, des dĂ©fis persistants subsistent, parfois graves, concernant l’indĂ©pendance judiciaire, la corruption et l’équilibre des pouvoirs. Le rapport souligne aussi le lien Ă©troit entre État de droit et bon fonctionnement du marchĂ© unique. Il appelle Ă  poursuivre les rĂ©formes, renforcer le dialogue et amĂ©liorer la mise en Ĺ“uvre concrète des recommandations au niveau national.

La RTBF rapporte ainsi que le Parquet europĂ©en a demandĂ© la levĂ©e de l’immunitĂ© de 11 dĂ©putĂ©s grecs afin de poursuivre une enquĂŞte sur une fraude prĂ©sumĂ©e aux fonds agricoles europĂ©ens. L’affaire porte sur un système organisĂ© impliquant de fausses dĂ©clarations pour obtenir illĂ©galement des subventions. Plusieurs responsables politiques, dont d’anciens ministres, pourraient ĂŞtre impliquĂ©s. Cette demande vise Ă  permettre des poursuites judiciaires pour des infractions portant atteinte aux intĂ©rĂŞts financiers de l’Union europĂ©enne. Elle s’inscrit dans un scandale plus large ayant dĂ©jĂ  entraĂ®nĂ© des dĂ©missions et rĂ©vĂ©lĂ© des dysfonctionnements majeurs dans la gestion des aides agricoles – qui sont aussi Ă  l’origine de la fortune de l’actuel Premier Ministre tchèque, Andrej Babis (ES 24/3/22).  

Au fond c’est lĂ  le seul et efficace instrument de l’UE contre les dĂ©rives : priver les systèmes corrupteurs de leurs fuel. C’est ce qui aura Ă©tĂ© le plus efficace contre V. Orban, d’après cette analyse de R. Keleman: la suspension des fonds europĂ©ens en cas d’atteinte Ă  l’Etat de droit et aux systèmes anticorruption. Après le soulagement des rĂ©sultats en Hongrie, voici venu  e temps de l’analyse. Selon nous, si la dĂ©faite de Viktor Orbán marque un moment charnière pour les dĂ©mocraties europĂ©ennes, et un soulagement profond, ce rĂ©sultat ne signifie pas la fin de la dynamique d’extrĂŞme-droite en Europe. Les Ă©lecteurs ne sont pas devenus subitement plus dĂ©mocrates, et toute lecture triomphaliste serait une erreur. La dĂ©faite d’Orbán tient autant Ă  l’usure du rĂ©gime, Ă  la profondeur de l  crise Ă©conomique et au sacrifice de l’opposition, qu’à un sursaut dĂ©mocratique.

Il est essential que les dĂ©mocrates ne se contentent pas de la gestion de cette victoire, mais sachent reconstruire un projet politique porteur d’imaginaire, de justice et de perspectives collectives.

C’est aussi ce que souligne l’intellectuel hongrois Kristof Szombati pour Jacobin : cette dĂ©faite s’explique moins par une adhĂ©sion massive Ă  PĂ©ter Magyar que par l’usure du système illibĂ©ral, la corruption et les difficultĂ©s Ă©conomiques. Le nouveau dirigeant incarne une alternative centriste et pro-europĂ©enne, mais reste issu de l’ancien parti au pouvoir, ce qui limite la rupture. Il insiste sur le caractère fragile de cette transition : l’hĂ©ritage institutionnel d’Orbán demeure puissant et les transformations dĂ©mocratiques dĂ©pendront de rĂ©formes rapides et profondes.

Comme le rĂ©sume Politico, le scrutin marque un rejet du système Orbán plutĂ´t qu’un simple changement de majoritĂ©, car son hĂ©ritage institutionnel et politique reste profondĂ©ment enracinĂ© dans la sociĂ©tĂ© hongroise. L’extrĂŞme droite reste structurellement forte en Europe, alimentĂ©e par les frustrations sociales, le dĂ©ficit de sens des politiques publiques, ainsi que par l’influence croissante de think-tanks eurosceptiques Ă  Bruxelles, comme le rĂ©vèle l’Express, sur la base d’une Ă©tude du Haut commissariat au Plan français.  

Ces groupes, mieux organisĂ©s et souvent mieux financĂ©s, gagnent en visibilitĂ© dans les dĂ©bats europĂ©ens, notamment sur les politiques Ă©conomiques, migratoires et institutionnelles. La note souligne un dĂ©sĂ©quilibre croissant avec les think-tanks pro-europĂ©ens, affaiblis par des coupes budgĂ©taires et une moindre capacitĂ© de plaidoyer. Elle met en garde contre un effet d’agenda politique, oĂą des idĂ©es critiques de l’UE prennent une place disproportionnĂ©e dans les cercles dĂ©cisionnels bruxellois. Le document appelle Ă  renforcer le soutien aux analyses pro-intĂ©gration. 

Après sa victoire massive aux Ă©lections gĂ©nĂ©rales, le travail qui attend le nouveau premier ministre hongrois Peter Magyar est colossal. Une première rĂ©union entre l’Union europĂ©enne et le futur gouvernement hongrois Ă©tait prĂ©vue Ă  Bruxelles, qui cherche Ă  relancer la coopĂ©ration, notamment sur deux dossiers clĂ©s : le prĂŞt europĂ©en Ă  l’Ukraine, jusque-lĂ  bloquĂ© par Budapest, et le dĂ©blocage de fonds europĂ©ens gelĂ©s pour atteintes Ă  l’État de droit.  

Cette rencontre marque un tournant potentiel, mais l’UE attend des engagements concrets avant toute dĂ©cision financière – il y a urgence, car ce sont près de 10 milliards d’€ qui pourraient Ă©chapper Ă  la Hongrie d’ici aoĂ»t – sur un total de 34.

Le nouveau pouvoir affiche une orientation plus pro-europĂ©enne, mais des annĂ©es de dĂ©rives ne se corrigent pas en quelques rĂ©formes – comme le montre depuis 2023 l’exemple polonais. Dans une analyse de J. Iwaniuk, Le Monde estime que la « rĂ©volution antipopuliste » menĂ©e par Donald Tusk a Ă©chouĂ© deux ans après son arrivĂ©e au pouvoir. Sa coalition, hĂ©tĂ©rogène et divisĂ©e, peine Ă  rĂ©former en profondeur des institutions encore marquĂ©es par le PiS. La victoire d’un prĂ©sident nationaliste en 2025 a accentuĂ© le blocage politique. Déçus, les Ă©lecteurs se dĂ©tournent, tandis que l’extrĂŞme droite progresse. Faute de rĂ©sultats concrets et de stratĂ©gie claire, le camp libĂ©ral apparaĂ®t affaibli, laissant planer le risque d’un retour des populistes lors des prochaines Ă©lections. 

En Hongrie, le travail de reconstruction de l’Etat de droit s’annonce complexe et long. Une analyse du think tank Jurist rappelle la nĂ©cessitĂ© de l’abrogation des lois rĂ©pressives, la fin du gouvernement par dĂ©crets et le rĂ©tablissement de l’indĂ©pendance judiciaire et des libertĂ©s publiques. En 16 ans, le pouvoir de Viktor Orbán a concentrĂ© l’autoritĂ©, affaibli les contre-pouvoirs et restreint mĂ©dias et sociĂ©tĂ© civil. Les premières mesures seront dĂ©cisives pour rĂ©tablir la dĂ©mocratie et dĂ©bloquer les fonds europĂ©ens conditionnĂ©s au respect de l’État de droit. Comme le souligne le site Liberties.eu le nouveau gouvernement doit rĂ©tablir les contre-pouvoirs, appliquer les dĂ©cisions de justice europĂ©ennes et respecter les conditions pour dĂ©bloquer les fonds europĂ©ens.  

L’enjeu est double : rĂ©formes internes crĂ©dibles et capacitĂ© de la Commission Ă  garantir un suivi rigoureux et transparent. Comme le fait remarquer l’expert de EPC Eric Maurice, la restauration de l’État de droit en Hongrie dĂ©pendra d’un calendrier exigeant et de conditions strictes fixĂ©es par l’UE. Le nouveau gouvernement de PĂ©ter Magyar, fort d’une majoritĂ© des deux tiers, peut rĂ©former en profondeur institutions, justice, mĂ©dias et mĂŞme adopter une nouvelle Constitution. Or, l’UE doit Ă©viter toute normalisation rapide et exiger des rĂ©sultats concrets avant de dĂ©bloquer les fonds. Une Ă©chĂ©ance clĂ© est fixĂ©e Ă  aoĂ»t : Budapest doit remplir 27 « super jalons » sur la corruption et l’indĂ©pendance judiciaire pour accĂ©der aux financements europĂ©ens. 

Au dĂ©but de l’annĂ©e 2026, un rapport de la Civil Liberties Union for Europe alertait sur une Ă©rosion gĂ©nĂ©ralisĂ©e de l’État de droit dans l’UE. Il pointait particulièrement cinq Etats membres (Bulgarie, Croatie, Hongrie, Italie et Slovaquie), accusĂ©s de le « dĂ©manteler » activement, notamment via des atteintes Ă  l’indĂ©pendance judiciaire, Ă  la lutte anticorruption, Ă  la libertĂ© des mĂ©dias et Ă  la sociĂ©tĂ© civile.

Cependant, d’autres dĂ©mocraties solides dĂ©clinent aussi. Selon Human Rights Watch, la France connaĂ®t aussi un recul prĂ©occupant de l’État de droit, marquĂ© par une dĂ©gradation progressive de l’espace civique. En 2025, le rĂ©seau CIVICUS a rĂ©trogradĂ© le pays au statut « obstruĂ© », pointant des violences policières accrues, une surveillance renforcĂ©e, des arrestations de manifestants et des pressions sur journalistes et ONG.

L’organisation dĂ©nonce aussi des restrictions persistantes des libertĂ©s fondamentales et une tendance structurelle Ă  limiter l’expression et l’action de la sociĂ©tĂ© civile. Ce recul s’inscrit dans la durĂ©e, rĂ©sultat de politiques sĂ©curitaires et de pratiques Ă©tatiques jugĂ©es de plus en plus coercitives. Peu de progrès sont constatĂ©s, par ailleurs, après les recommandations Ă©mises lors des “Rapports sur l’Etat de droit dans l’UE” par la Commission europĂ©enne.

En attendant celui de 2026, le rapport 2025 de la Commission europĂ©enne sur l’état de droit dressait un bilan globalement contrastĂ© dans l’UE, constatant quelques progrès dans plusieurs États membres, notamment via des rĂ©formes de la justice, de la lutte anticorruption et du pluralisme mĂ©diatique, avec un suivi partiel des recommandations prĂ©cĂ©dentes. Cependant, des dĂ©fis persistants subsistent, parfois graves, concernant l’indĂ©pendance judiciaire, la corruption et l’équilibre des pouvoirs. Le rapport souligne aussi le lien Ă©troit entre État de droit et bon fonctionnement du marchĂ© unique. Il appelle Ă  poursuivre les rĂ©formes, renforcer le dialogue et amĂ©liorer la mise en Ĺ“uvre concrète des recommandations au niveau national.

La RTBF rapporte ainsi que le Parquet europĂ©en a demandĂ© la levĂ©e de l’immunitĂ© de 11 dĂ©putĂ©s grecs afin de poursuivre une enquĂŞte sur une fraude prĂ©sumĂ©e aux fonds agricoles europĂ©ens. L’affaire porte sur un système organisĂ© impliquant de fausses dĂ©clarations pour obtenir illĂ©galement des subventions. Plusieurs responsables politiques, dont d’anciens ministres, pourraient ĂŞtre impliquĂ©s. Cette demande vise Ă  permettre des poursuites judiciaires pour des infractions portant atteinte aux intĂ©rĂŞts financiers de l’Union europĂ©enne. Elle s’inscrit dans un scandale plus large ayant dĂ©jĂ  entraĂ®nĂ© des dĂ©missions et rĂ©vĂ©lĂ© des dysfonctionnements majeurs dans la gestion des aides agricoles – qui sont aussi Ă  l’origine de la fortune de l’actuel Premier Ministre tchèque, Andrej Babis (ES 24/3/22).  

Au fond c’est lĂ  le seul et efficace instrument de l’UE contre les dĂ©rives : priver les systèmes corrupteurs de leurs fuel. C’est ce qui aura Ă©tĂ© le plus efficace contre V. Orban, d’après cette analyse de R. Keleman: la suspension des fonds europĂ©ens en cas d’atteinte Ă  l’Etat de droit et aux systèmes anticorruption.